Oued Bou-Saâda est à la ville ce qu’est le Nil à l’Egypte. Peut-on imaginer un instant cette cité sans son cours d’eau ? Bou-Saâda serait-elle née s’il n’y avait pas l’Oued ?
Depuis la première griffe provoquée par l’érosion, il ya des millions d’années en amont du site de Bou-Saâda, ce chemin préférentiel des eaux ne cessa de se creuser et de s’agrandir par la force des eaux de pluie et celles des sources du Mont Boukhil, jusqu’à devenir au 15 éme siècle, ce lieu féerique qui enchanta les pères fondateurs de Abou Saâda.
Les Gétules (Berbères du Sahara) choisirent avant eux les rives paradisiaques de cette rivière pour venir bivouaquer et faire abreuver leurs troupeaux. Sidi Thameur et son ami Sidi Slimane fondèrent un premier foyer autour de la Mosquée En nakhla à un jet de pierres de cette eau pérenne. Grâce à ce généreux pourvoyeur de prospérité, Bou-Saâda et sa palmeraie ne cessèrent de s’étendre pour devenir ce lieu qui ensorcela Dinet, Verschaffelt et autre Ben Slimane. Cette source d’eau limpide contribuât à rendre des terres sablonneuses plantées de quelques pistachiers de l’Atlas (Btom), en de véritables jardins potagers qui vont rendre cette Cité, autosuffisante en légumes, fruits et lait.
La force des eaux de Oued Bousaâda, provoqua la naissance d’une multitude de moulins à blé (M’zabi, Serguine, Bisker-Lamri, Ferrero) qui virent déferler vers eux, toute la production de céréales du Hodna jusqu’au Piedmont de Boukhil.
L’essor du tourisme et la renommée de Bou-Saâda ne sont-ils pas liés à la beauté de son Oued ? Ce n’est pas par hasard que la plupart des grands hôtels de cette ville sont érigés tout près de cette rivière (Transat, Sahara, Beau Séjour, Oasis, Orient, Belle Vue, Caïd). Malheureusement, depuis quelques années et avec l’extension anarchique de la ville, ce cours d’eau est devenu un égout à ciel ouvert. L’oued, cette mère nourricière sera-t-il réhabilité et respecté un jour ? Quand est ce que cette génération de bou-saâdi s’apercevra qu’elle commet un inceste en souillant ce véritable don du Ciel.
Saadi Benhouhou







