Parmi les monuments historiques que compte la ville de Bou-Saâda et qui témoignent des moyens mis par la France coloniale pour vaincre la résistance populaire dans la région de Bou-Saâda, jusqu’à la prise de notre oasis en 1849, figure le fort Cavaignac ou Bordj Essâa.
Situé sur une haute colline dominant l’oasis de Bou-Saâda (centre-ville), la forteresse militaire a été construite, entre 1850 et 1852, sous les ordres de l’officier du génie Louis Faidherbe (1818-1889).
Le fort se distinguait par sa taille et ses espaces spacieux, qui comprenaient de nombreuses installations : Caserne, muraille défensive, tours, salles d’entraînement et de restauration, écurie. Les autorités coloniales de l’époque ont ajouté au fort, en 1876, une infirmerie militaire qui sera agrandie pour devenir l’hôpital militaro-civil de Bou-Saâda. Le nom du Dr Étienne Sergent (né le 13 août 1878 à Mila et mort le 7 août 1948 à Alger) ne sera donné à l’hôpital, qu’après son décès en 1948. Il faut savoir qu’Etienne Sergent était un chercheur et un biologiste français qui a participé avec son frère Edmond, à l’installation d’une mission permanente de l’Institut Pasteur en Algérie. En 1932, après un travail de près de 16 années il met au point un sérum antiscorpionique efficace qui permet aux médecins des territoires du Sud algérien ou tunisien de secourir avec succès de nombreuses personnes.
Dans les années 30-40, un jardin public (Djenane El Baylek) sera réalisé sur le terrain en bas du fort sur environ 20 ha. Il était délimité par la rue Marti (Zedjara), une partie du Souk, le central téléphonique et la station de bus. Dès le départ, ce jardin a été tracé en tant que jardin public, avec allées piétonnes, jet d’eau, bancs et végétation ornementale (arbres, arbustes et plantes à fleurs). Il était aussi doté de terrains de sports (Basket, et football). Ce jardin a disparu durant la colonisation.
Dès la fin de l’année 1942, la ville de Bou-Saâda, va connaitre ses premiers américains, qui vont occuper la caserne de Bordj Essaâ. Des travaux de fortification vont être entamés par les américains autour des sites militaires et autour de la ville (les tranchées de la route de Djelfa). C’est l’année où les bou-saâdiens vont faire la connaissance, pour la première fois, avec le bulldozer (balamaricaine) et le volley-ball, nouveau sport que les américains pratiqués sur les terrains de «Djenane El Baylek », sous le regard de jeunes bou-saâdiens qui vont vite l’adopter.
Au fur et à mesure de la progression des Alliés, la plupart des unités quitteront progressivement l’Algérie à partir du printemps 1943, vers la Tunisie, l’Italie et la Corse.
A l’indépendance, l’hôpital redevient civil et rendra de grands services aux bou-saâdiens, jusqu’à sa fermeture, après la réalisation du nouvel hôpital de la ville.
L’ancienne écurie deviendra un marché couvert, puis sur son emplacement sera construit le nouveau siège de l’APC. L’ancien hôpital changera d’activité pour devenir le siège du groupement régional de la sureté nationale.
Le fort, quant à lui, sera laissé à l’abandon et va tomber, petit à petit en ruines. Jusqu’à nos jours.
Benhouhou Saâdi.





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