
Les crues ont une nouvelle fois frappé la ville de Bou Saâda, inondant plusieurs quartiers et rues et remettant au premier plan le problème récurrent des inondations. Les événements de ce jour ne constituent pas un simple épisode météorologique, mais un nouvel avertissement qui confirme que le danger demeure bien réel et que le projet de protection de la ville contre les inondations ne peut plus être retardé.
Les études académiques montrent que Bou Saâda figure parmi les villes algériennes les plus exposées aux inondations, en raison de sa situation au confluent de plusieurs oueds, notamment l’oued Bou Saâda et l’oued M’tir, ainsi que de sa configuration géographique entourée de reliefs, favorisant un ruissellement rapide des eaux vers les zones urbaines. L’extension urbaine des dernières décennies, souvent à proximité des lits des oueds, a également accru les risques lors des fortes précipitations.
Ces alertes ne relèvent pas seulement des analyses scientifiques. En 2021, de violentes crues ont causé des pertes humaines à Bou Saâda et dans ses environs, les recherches s’étant poursuivies plusieurs jours jusqu’à la découverte du dernier disparu dans l’oued M’tir. En juin 2024, les eaux ont de nouveau envahi plusieurs quartiers, emporté des véhicules et mobilisé les services de la protection civile. Le scénario s’est répété en mai 2025, conduisant les plus hautes autorités de l’État à annoncer un projet de protection de la ville contre les risques d’inondation sur instruction du Président de la République.
Avec le retour des crues aujourd’hui, l’attention se porte une nouvelle fois sur les quartiers les plus vulnérables, notamment El Koucha, les abords du centre-ville près du siège de la daïra, Ouled Ahmida, les environs du théâtre, Mohamed Chaâbani, ainsi que les secteurs proches des oueds Bou Saâda et M’tir, où les écoulements se transforment rapidement en torrents menaçant les habitants et leurs biens.
Face à cette situation, il devient urgent d’accélérer la concrétisation du projet de protection contre les inondations, de réaliser une expertise technique complète pour identifier les points noirs, d’actualiser les cartes des zones à risque, de réaménager les lits des oueds et les réseaux d’évacuation des eaux pluviales, tout en renforçant le contrôle de l’urbanisation dans les secteurs exposés.
Aujourd’hui, Bou Saâda n’a plus besoin de solutions provisoires qui disparaissent avec la fin des pluies, mais d’un véritable projet de prévention capable de protéger les vies humaines et les biens. La prévention reste toujours moins coûteuse que la gestion des catastrophes, et agir dès maintenant constitue la meilleure garantie pour éviter de nouveaux drames.
Ahmed Ben guettaf





