
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse – 3 mai
En ce jour consacré à la liberté de la presse, je n’aborde pas cette occasion comme une simple célébration, mais comme un moment de réflexion sur un long parcours, commencé avec l’écrit sur papier et poursuivi aujourd’hui dans les vastes espaces numériques, où le journalisme est devenu une responsabilité quotidienne, une mission indissociable de la conscience, de l’analyse et de la production de sens.
Mes débuts dans le journalisme ne sont pas le fruit du hasard, mais l’extension d’un intérêt précoce pour l’écriture et d’une volonté de comprendre le monde. En 1990, au moment de la guerre du Golfe consécutive à l’invasion de l’Irak au Koweït, j’ai rédigé mon tout premier article. Un texte simple dans sa forme, mais sincère dans son intention, qui traduisait les préoccupations d’une génération face aux bouleversements du monde arabe. À cette époque, je ne pratiquais pas encore le journalisme au sens professionnel, mais je cherchais à donner un sens aux événements et à leur impact sur la conscience collective.
Une autre étape plus structurée est venue en 1993, avec la publication dans le journal « El-Nabaâ » d’un article intitulé « Les origines du complot de l’évangélisation ». J’y suis passé de l’expression spontanée à l’analyse, et de la simple description à une tentative de décryptage des arrière-plans intellectuels et culturels des tensions de l’époque. Cette expérience a constitué un véritable tournant dans ma compréhension du rôle de l’écriture et du journaliste comme témoin et analyste à la fois.
Tout au long de ce parcours, mon chemin ne s’est pas limité au journalisme. Il s’est enrichi de diverses expériences et passions qui ont façonné ma vision médiatique. Le travail de correspondant a été une porte d’entrée vers la documentation et le reportage, en parallèle avec mon engagement dans le mouvement scout en tant que responsable de l’information et des activités, où j’ai contribué à la réalisation de journaux, de revues et de contenus éducatifs et culturels.
Cette expérience s’est également étendue à la création numérique, à travers le développement de logiciels, de supports pédagogiques et d’ouvrages de référence tels que « Guide du chef de troupe » et « Jardin du savoir », des projets mêlant connaissance, encadrement et technologie.
Avec l’évolution des médias et l’arrivée d’Internet en Algérie, ces expériences ont progressivement quitté le papier pour migrer vers le numérique. J’ai ainsi participé à la création et à la gestion de sites web et de blogs, ouvrant la voie à une transformation profonde vers l الإعلام numérique interactif.
Le tournant majeur a été l’entrée dans la presse électronique, passant de l’écrit traditionnel à la construction de plateformes médiatiques. Le 25 janvier 2008, la création du site « Echabaka Net » a constitué une première étape dans cette expérience numérique, ouvrant la voie à la publication en ligne et aux technologies modernes de diffusion.
Puis, le 14 janvier 2009, est né le site « Boussaada Info », devenu par la suite un espace médiatique local dédié à l’actualité de la ville et de sa région, dans une logique de presse de proximité et d’identité territoriale.
Au fil de ce parcours, le travail n’a pas été limité à l’écriture. Il s’est étendu au blogging, au design, à la cybersécurité, à la programmation, à la gestion de serveurs et de plateformes, ainsi qu’à la production de contenu numérique et à la gestion de projets médiatiques.
Il est également important de rappeler une étape marquante dans le المجال médiatique sportif, lorsque j’ai intégré en 2010 l’équipe de l’USM Boussaada en tant que responsable de l’information, alors que le club évoluait en Ligue 2 professionnelle. J’y ai obtenu une accréditation officielle, ce qui m’a permis de vivre une expérience directe de terrain dans le reportage sportif.
Ce parcours s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui à travers diverses missions et distinctions dans le domaine, dans une continuité entre terrain, documentation et communication.
Ce lien entre journalisme, technologie et terrain n’est pas un simple choix secondaire, mais est devenu une composante essentielle de la pratique médiatique moderne, où la presse n’est plus seulement un texte, mais un système complet de production, allant de l’idée à la diffusion.
Aujourd’hui, avec une nouvelle expérience en tant que correspondant du journal El Ghad El Djazairi depuis janvier 2026, le parcours continue sous une forme plus professionnelle et ancrée dans le terrain, où le journalisme retrouve son essence première : transmettre la vérité depuis le lieu de l’événement et construire l’information sur la base de l’observation et de la responsabilité.
Dans ce contexte, la liberté de la presse n’est pas un slogan théorique, mais une expérience vécue. Elle représente la capacité d’évoluer, de passer de l’amateurisme à la pratique professionnelle, de l’individuel à l’institutionnel, et de l’impression à l’analyse.
Ainsi, j’ai aujourd’hui un droit naturel à cet hommage, non pas comme un privilège, mais comme le fruit d’un parcours de plus de trois décennies entre presse papier et numérique, entre passion et responsabilité.
Mon premier article n’était pas professionnel, mais il a ouvert la voie. Ce qui a suivi n’était pas une finalité, mais des étapes d’apprentissage et de maturation. Aujourd’hui, l’écriture n’est plus une simple expérience, mais un engagement continu et une responsabilité permanente.
En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, je ne célèbre pas une fin, mais j’affirme que le chemin reste ouvert, et que la parole restera un projet inachevé et une mission sans cesse renouvelée.
✍️ Ahmed Ben Qattaf
Journaliste et correspondant de presse
Directeur du site Boussaada Info
Echabaka Algérienne Net






