Bou Saâda ne conserve pas son histoire uniquement dans les livres, mais aussi dans des monuments silencieux qui continuent de résister à l’oubli. Le moulin Ferrero est l’un de ces témoins : il fut autrefois un cœur battant de l’activité touristique, historique et industrielle de la ville, avant de devenir aujourd’hui une structure délabrée qui résume à la fois la grandeur du passé et l’histoire de la négligence.
L’image révèle plus qu’elle ne montre : des murs de pierre solides ayant défié le temps, des passages où tournaient jadis les roues de broyage au rythme des eaux de l’oued, et des recoins qui ont abrité une activité quotidienne faisant partie intégrante du cycle économique des habitants de Bou Saâda. Le moulin n’était pas une simple installation technique, mais un espace de travail, de rencontre et de production, un maillon essentiel de la mémoire collective de la ville.
Ce qui subsiste aujourd’hui de ce monument n’est pas un amas de ruines sans signification, mais une véritable opportunité perdue. Le moulin Ferrero représente un exemple de patrimoine industriel pouvant être transformé en une valeur touristique et culturelle ajoutée, s’il bénéficiait d’une vision de restauration qui préserve sa structure et lui redonne une fonction. De nombreuses villes à travers le monde ont reconverti d’anciens moulins et des usines abandonnées en musées, espaces culturels et pôles d’attraction, tandis que ce site de Bou Saâda attend toujours un geste qui lui rende sa considération.
La réhabilitation du moulin n’est pas un luxe, mais un investissement dans l’identité. Il pourrait devenir un espace pédagogique présentant aux jeunes générations l’histoire des techniques de mouture et de l’exploitation de l’eau, une halte touristique intégrée au parcours culturel de la ville, et un symbole reliant le passé au présent au lieu de rester le témoin du fossé qui les sépare.
L’image parle réellement… Elle ne raconte pas seulement le passé, elle interroge aussi le présent : pourquoi laisser notre mémoire s’effriter alors que nous pouvons en faire une force pour l’avenir ?