El-B’khour, une tradition ancrée chez la bou-saâdienne
L’odeur du B’khour (encens) me fait toujours rappeler ma mère, qui adorait ce produit et le brûlait à la moindre occasion. C’est resté ancré dans ma mémoire au point où chez moi, c’est devenu une tradition.
Si, par exemple à Alger l’encens est mal vu, car associé à la sorcellerie, à Bou-Saâda l’odeur du b’khour se dégageant de certaines maisons est généralement associée aux fêtes et heureux événements, mais aussi pour chasser les mauvais esprits.
La femme l’utilise pour se parfumer, en général après le bain, mais aussi pour parfumer la maison. Ainsi, chaque foyer devait avoir son « sekhane » ou « nafekh », outil indispensable pour bruler l’encens.
La préparation du b’khour se fait par des femmes jouissant d’un savoir faire et qui le vendent en faisant du porte à porte. On le trouve aussi dans toutes les échoppes d’artisanat.
La préparation du B’khour diffère d’une tribu à une autre, mais ses ingrédients restent les mêmes, à savoir : en premier lieu, la matière odorante appelé « Esserghine », élément essentiel de la préparation, au côté du djaoui, l’ambre, le musc, le safran naturel et d’autres ingrédients locaux tel que Essambalia et El-Meska.
L’opération de combustion est toute simple : il suffit d’avoir un récipient en terre cuite ou un brasero rempli de charbons ardents sur lesquels sera versé un peu de B’khour qui se consumera petit à petit répandant dans la pièce une odeur pénétrante des plus agréable.
On sait maintenant, selon les spécialistes de l’aromathérapie, que les encens contiennent des huiles essentielles, raison pour laquelle ils sentent si bon. On sait aussi qu’après leur diffusion atmosphérique, elles sont reconnues pour être calmantes, relaxantes (les agrumes), antimicrobiennes (l’eucalyptus, utilisé dans certains hôpitaux en diffusion)…
Donc, ces éléments très volatils peuvent avoir une influence sur l’ambiance d’un lieu, le purifier, mais aussi agir sur nous. Car ces molécules agissent sur notre système neurovégétatif et sur la régulation de nos hormones.