— « Le patrimoine : entre héritage et construction. »
— « Le patrimoine est pris entre eux deux dynamiques. D’un côté, il constitue une trace du passé, de l’autre côté il est récupéré par les sociétés en fonction d’enjeux immédiats. ».
Notre patrimoine n’est ni à styliser, et encore moins à customiser. Il est juste comme il est.
Notre héritage est l’aboutissement d’un long parcours, le Bou Saâdi a su donner à sa cité une dimension humaine caractérisée par sacrifices et abnégation.
La culture n’a jamais été à l’arrêt dans notre cité, elle est toujours en mouvement, active.
Bou Saâda, un millénaire en sons et lumières, et son histoire est jalonnée par les plus hauts sommets de la mystique, de la culture et de la charité, mais aussi par une spiritualité, et un islam du juste milieu, et justement, l’islam « wasat » du juste milieu s’appuie sur un triptyque hautement symbolique religieux qui veut être le socle de l’« identité religieuse de cette ville », de la tolérance, de la pondération et de l’ascétisme.
Le monde du cinéma, du théâtre, de la poésie, de l’écriture, de la musique, de la gastronomie, de la peinture sont les expressions les plus colorées de la cité du bonheur.
L’évènement consacré au patrimoine de Bou Saâda qui est prévu le 31 mai et 1 juin au Centre Culturel Algérien, est la première édition.
Au travers de cette affiche imaginée par nos amis, et conçue par le CCA, on trouve aussi une œuvre du consensus.
Fond de toile, de couleur jaune sable spécifique à la première oasis la plus proche d’Alger, et piqué gaufré ou le nid d’abeille symbolise la douceur tissée dans une structure régulière qui détermine les familles Bou Saâdiennes.
La mosquée au milieu de la mosaïque en forme de rose de sable.
« La Mosquée Mohamed Bachir El Ibrahimi est une mosquée située au centre-ville de Bou Saâda en Algérie, baptisé au nom d’un des fondateurs de l’Association des oulémas musulmans algériens à savoir Mohamed Bachir El Ibrahimi. Elle fût construite en 1973, dans un style inspiré de la Mosquée Ayasofya à Istanbul. »
« La mosquée est l’œuvre architecturale de l’artisan maçon, le défunt Hadj Messaoud Al-Qualaiti (Ibn Zeyan) (1916-2002). »
Ce monument est à la fois un grand symbole de l’intelligence, de la beauté et de l’humilité d’un homme qui fut notre fierté et notre ingéniosité, maestria.
Deux femmes et un homme.
On y voit deux femmes attachantes et belles, à la fois traditionnelles et savantes, l’une d’elle arbore tout ce qui est beau de la ville du bonheur dans toutes ses déclinaisons, parure et vêtue de melhfa de blancheur immaculée, qui est le porte-drapeau de la femme Bou Saâdienne revancharde et apaisée, toute en restant une femme d’avenir, avec un regard porté vers une belle perspective.
Et de l’autre côté, une autre personnalité, Mme Souad Khodja, une intellectuelle avisée et jalouse de son patrimoine, elle donne de sa personne pour sauver les vestiges des tissus économiques d’antan (il suffit de lire un excellent article du défunt Farouk Zahi : La saga des moulins à grains), on la voit, symboliquement, restaurer la roue du moulin ; elle est à la fois une femme de culture, et de surcroit une femme engagée, une passionnée par le développement de nouveaux partenariats qui est stimulée par l’esprit d’utilité publique.
Et un valeureux homme, de terroir, il représente à lui seul notre identité de marque et notre savoir-faire couturier et artisanal, tenant dans sa main droite quelques figues récoltées dans des jardins Jnane Btoum dans un panier en osier orné par des feuilles de figuiers qui symbolise la fraîcheur et la succulence, et l’autre main levée sur le front, éventuellement contre le soleil, ou fort probable à la quête d’un avenir radieux.
La porte d’entrée à double battant.
— « Ainsi, avant même d’avoir franchi votre porte d’entrée, on pourrait déjà deviner qui vous êtes. »
Ou plutôt les habitants de Bou Saâda qui sont-ils !
Une porte à Bou Saâda est toujours entrouverte, qui symbolise l’hospitalité et la générosité.
La couleur rouge et le vert sont aussi la couleur de la religion et du sang de la révolution. Cette porte est appuyée par deux colonnes en céramique, ainsi qu’une mosaïque constituée de carreaux de faïence multicolores, formant des motifs géométriques ou figuratifs, et encore une fois, notre patrimoine est andalou, berbère, ce qui fait la richesse de notre région, et de son imposte vitrée en fer forgé, et à juste titre, il faut préciser que Bou Saâda est une ville de forgerons, de grands spécialistes ; à titre d’exemple, on a le couteau éponyme Bou Saâdi.
L’artisanat.
Une photo met explicitement en exergue le célèbre marché d’art et d’artisanat. Etant un centre névralgique du savoir-faire, Bou Saâda a la chance de compter de nombreux artisans talentueux dans divers domaines tels que l’art, le couteau Bou Saâdi, les bijoux, les poignets en fer forgé, le tissage, les tapis, la gastronomie, contribuant ainsi au prestige de notre belle région.
Et enfin.
L’Oued.
Qui dit oued dit forcément source de vie. Et là, on peut écrire des belles choses.
—Si Hérodote a pu écrire que « l’Égypte est un don du Nil », Youcef Nacib, le paraphrasant dans son étude sociologique, écrivait que Bou Saâda est un don de sa rivière.
— « Peut-on imaginer un instant cette cité sans son cours d’eau ? Bou Saâda serait-elle née s’il n’y avait pas l’Oued ? » Saadi Benhouhou.
Mon ami Saadi avait raison de poser cette question.
Prochainement Inch’Allah, on vous partage, le flyer et le dépliant, tout le programme détaillé de ces deux jours dédiés au patrimoine.
Je profite de cette opportunité pour témoigner toute mon affection qui va vers ma tante Ferhati Barkahoum ! Sans elle, cet évènement ne verrait pas le jour. Encore une fois mille mercis chère amie.Lamine NajiMerci.






